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Le vesting des parts entre cofondateurs
Un associé qui quitte le projet au bout de six mois en gardant un tiers du capital peut bloquer une startup pendant des années. Le vesting sert à éviter ce scénario. Ce guide explique son fonctionnement, le vocabulaire à connaître et la façon dont il est généralement mis en place en droit français.
Mis à jour le 7 min de lecturePar l’équipe EasyCofounder
En bref
Le vesting est l'acquisition progressive de ses parts par un cofondateur au fil du temps passé dans la startup, souvent après une période minimale appelée cliff. En France, il s'organise généralement dans le pacte d'associés, par des promesses de cession assorties de clauses good leaver et bad leaver qui fixent le prix de rachat des parts en cas de départ. Sa rédaction se fait avec un avocat.
Sommaire
- Qu'est-ce que le vesting pour un cofondateur ?
- Comment fonctionnent le cliff et le calendrier de vesting ?
- Que signifient good leaver et bad leaver ?
- Comment mettre en place le vesting en France ?
- Quelles sont les étapes pour mettre en place un vesting ?
- Quelles erreurs éviter avec le vesting ?
- Questions fréquentes
- Glossaire
- À propos de ce guide
Qu'est-ce que le vesting pour un cofondateur ?
Le vesting (acquisition progressive) consiste à lier la propriété définitive des parts d'un cofondateur à la durée de son engagement dans l'entreprise. Plus il reste longtemps, plus la part de capital qu'il est sûr de conserver augmente, jusqu'à atteindre la totalité à la fin de la période prévue.
Le principe repose sur une idée simple : le capital d'une startup rémunère surtout le travail à venir. Un associé qui part tôt n'a pas fourni la contribution sur laquelle la répartition des parts avait été calculée ; il est donc logique qu'il ne garde qu'une partie de ses titres.
Comment fonctionnent le cliff et le calendrier de vesting ?
Un calendrier de vesting se définit par quelques paramètres que les associés choisissent ensemble. Il n'existe pas de modèle obligatoire, mais la structure est presque toujours la même.
| Paramètre | Ce qu’il fixe | Questions à se poser |
|---|---|---|
| Durée totale | Le temps nécessaire pour acquérir toutes ses parts | Sur quelle durée voulons-nous sécuriser l’engagement de chacun ? |
| Cliff | La période minimale avant toute acquisition | À partir de quand considère-t-on qu’un associé a réellement contribué ? |
| Rythme | La fréquence d’acquisition après le cliff (mois, trimestre, année) | Préférons-nous une progression régulière ou par paliers ? |
| Date de départ | Le point de départ du calcul | Date de création, date d’arrivée ou début du travail effectif ? |
| Accélération | Une acquisition anticipée dans certains cas (rachat de la société par exemple) | Que se passe-t-il si l’entreprise est vendue avant la fin du calendrier ? |
Le cliff joue un rôle de période d'essai : si un associé part avant son terme, il ne conserve en principe aucune des parts concernées. Une fois le cliff passé, une première fraction est acquise d'un coup, puis le reste progresse au rythme convenu.
Que signifient good leaver et bad leaver ?
Les clauses de leaver déterminent ce qui arrive aux parts d'un associé qui quitte l'entreprise, selon les circonstances de son départ. Elles distinguent généralement deux situations, dont la définition précise est laissée aux associés.
- Good leaver (bon partant) : départ pour des raisons considérées comme légitimes, par exemple une incapacité, un décès ou parfois une révocation sans faute. Les parts non acquises sont souvent rachetées à un prix favorable, proche de leur valeur.
- Bad leaver (mauvais partant) : départ volontaire anticipé, faute grave, violation d'un engagement de non-concurrence. Le rachat se fait alors à un prix réduit, parfois proche de la valeur nominale.
Le vesting et les clauses de leaver fonctionnent ensemble : le calendrier détermine quelle part est acquise à une date donnée, et la qualification du départ détermine à quel prix les autres associés peuvent racheter les parts.
Comment mettre en place le vesting en France ?
Le vesting vient du monde anglo-saxon, où les fondateurs reçoivent parfois leurs actions progressivement. En France, les cofondateurs reçoivent généralement la totalité de leurs actions dès la création de la société : on parle alors de « reverse vesting », car le mécanisme organise la reprise des parts en cas de départ plutôt que leur attribution progressive.
Les outils juridiques le plus souvent utilisés sont les suivants :
- Des promesses unilatérales de vente (ou promesses de cession) signées par chaque associé, qui permettent aux autres associés ou à la société de racheter ses actions en cas de départ, à un prix dépendant du calendrier et des clauses de leaver.
- Le pacte d'associés, qui regroupe le calendrier, les définitions de good et bad leaver et les modalités de rachat.
- Dans une SAS, des clauses des statuts (exclusion, inaliénabilité temporaire) qui peuvent compléter le dispositif.
- Plus rarement, des actions de préférence dont les droits évoluent selon la présence de l'associé.
Quelles sont les étapes pour mettre en place un vesting ?
- 1Se mettre d'accord sur la répartition des parts entre cofondateurs.
- 2Choisir les paramètres : durée totale, cliff, rythme, date de départ, accélération éventuelle.
- 3Définir précisément les cas de good leaver et de bad leaver et le prix de rachat associé.
- 4Faire rédiger le pacte d'associés et les promesses de cession par un avocat.
- 5Vérifier la cohérence avec les statuts de la société.
- 6Signer avant ou au moment de la création, quand tout le monde est encore aligné.
Inès, Paul et Medhi créent une SAS et prévoient un vesting avec un cliff. Paul quitte l'aventure après le cliff mais bien avant la fin du calendrier, pour rejoindre une autre entreprise. Le pacte qualifie ce départ volontaire de bad leaver : Inès et Medhi exercent la promesse de cession sur la partie non acquise de ses actions, au prix réduit prévu. Paul conserve la partie acquise ; la société peut redistribuer les actions rachetées à un futur associé.
Quelles erreurs éviter avec le vesting ?
- Ne pas attendre le premier conflit pour en parler : c'est un sujet à aborder dès les premières discussions d'association.
- Appliquer les mêmes règles à tous les cofondateurs, y compris à celui qui a eu l’idée.
- Prévoir le cas d’une vente de la société avant la fin du calendrier.
- Ne pas confondre vesting des fondateurs et BSPCE des salariés : ce sont deux dispositifs distincts.
- Se faire accompagner par un avocat et, pour les questions fiscales, par un expert-comptable.
Si vous cherchez encore vos associés, abordez le sujet tôt : un candidat qui refuse tout mécanisme de vesting envoie un signal à prendre en compte. Pour rencontrer des profils engagés : trouver un associé.
Questions fréquentes
Le vesting est-il obligatoire entre cofondateurs ?
Non, aucune règle ne l'impose. C'est un choix contractuel entre associés, très répandu dans les startups, et souvent attendu par les investisseurs lors d'une levée de fonds.
Quelle durée de vesting choisir ?
Il n'existe pas de durée légale. Les associés fixent une durée totale et un cliff adaptés à leur projet et à l'engagement de chacun. Un avocat peut vous indiquer les usages actuels et leurs conséquences.
Que se passe-t-il si un cofondateur part avant le cliff ?
En principe, il ne conserve aucune des parts soumises au vesting : les autres associés ou la société peuvent les racheter dans les conditions prévues par le pacte d'associés, selon qu'il est qualifié de good ou de bad leaver.
Le vesting existe-t-il en droit français ?
Le terme n'est pas défini par la loi, mais le mécanisme est couramment reproduit par des outils du droit français : promesses de cession, clauses du pacte d'associés et des statuts, parfois actions de préférence.
Quelle différence entre vesting et BSPCE ?
Le vesting des fondateurs encadre la conservation de parts déjà détenues. Les BSPCE sont des bons permettant à des salariés ou dirigeants éligibles de souscrire des actions plus tard ; leur calendrier d'exercice suit souvent une logique proche du vesting.
Peut-on ajouter un vesting après la création de la société ?
Oui, si tous les associés concernés l'acceptent, par exemple lors de la signature d'un pacte d'associés ou à l'arrivée d'investisseurs. C'est toutefois plus simple à négocier au départ, quand chacun est encore aligné.
Glossaire
- Vesting
- Acquisition progressive des parts d'un associé en fonction de la durée de son engagement.
- Cliff
- Période minimale avant laquelle aucune part soumise au vesting n'est acquise.
- Good leaver
- Associé dont le départ est jugé légitime selon le pacte ; ses parts sont rachetées à des conditions favorables.
- Bad leaver
- Associé dont le départ est jugé fautif ou prématuré selon le pacte ; ses parts sont rachetées à un prix réduit.
- Promesse de cession
- Engagement d'un associé à vendre ses actions si certaines conditions, comme son départ, sont réunies.
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À propos de ce guide
Ce guide a été rédigé par l’équipe EasyCofounder, plateforme de mise en relation entre porteurs de projet, talents et startups (un service IRPEA), et mis à jour le 4 novembre 2026. Il s’appuie sur les pratiques courantes de création d’entreprise et sur les questions posées par les membres de la plateforme.
Il fournit des repères généraux et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Pour votre situation, consultez un professionnel (avocat, expert-comptable) et les informations officielles d’entreprendre.service-public.fr.