Guide · EasyCofounder

Comment se rémunèrent les cofondateurs d’une startup ?

La question de l'argent arrive tôt entre associés : qui peut se permettre de ne pas être payé, et pendant combien de temps ? Ce guide présente les grands principes de la rémunération des fondateurs en France. Il reste général : votre situation doit être étudiée avec un expert-comptable.

Mis à jour le 7 min de lecturePar l’équipe EasyCofounder

En bref

Au démarrage, la plupart des cofondateurs ne se versent pas de salaire et vivent de leur épargne, d'une activité à côté ou d'aides à la création. Ensuite, deux voies existent : une rémunération au titre du mandat social ou d'un contrat de travail, soumise à cotisations, ou des dividendes, possibles seulement si la société fait des bénéfices. Après une levée, un salaire modeste est souvent prévu.

Sommaire
  1. Les cofondateurs se versent-ils un salaire au début ?
  2. Quel est le statut social du président de SAS ?
  3. Salaire ou dividendes : quelle différence ?
  4. Quelles aides pour vivre pendant la création ?
  5. Quand commencer à se verser un salaire ?
  6. Comment évolue la rémunération après une levée de fonds ?
  7. Questions fréquentes
  8. Glossaire
  9. À propos de ce guide

Les cofondateurs se versent-ils un salaire au début ?

Dans la grande majorité des startups, non. Tant que l'entreprise n'a ni chiffre d'affaires régulier ni financement, chaque euro sert à construire le produit et à trouver des clients. Les fondateurs sont alors rémunérés en perspective : la valeur future de leurs parts.

Pour tenir pendant cette période, les fondateurs s'appuient généralement sur une combinaison de ressources :

  • Une épargne personnelle prévue pour couvrir plusieurs mois de dépenses.
  • Une activité à temps partiel ou des missions ponctuelles à côté du projet.
  • Les droits au chômage, pour ceux qui en bénéficient, selon les règles de France Travail applicables aux créateurs.
  • Les revenus d’un conjoint ou un budget familial adapté.

Quel est le statut social du président de SAS ?

La SAS est la forme la plus utilisée par les startups. Son président (et, le cas échéant, ses directeurs généraux) est « assimilé salarié » : s'il est rémunéré pour son mandat, il relève du régime général de la sécurité sociale, comme un salarié, mais il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a donc pas droit à ce titre.

Statut social selon la forme de société (principes généraux)
SituationRégime socialPoints à retenir
Président ou DG de SAS rémunéréAssimilé salarié (régime général)Pas d’assurance chômage au titre du mandat
Président ou DG de SAS non rémunéréPas de cotisations sur une rémunération inexistantePas de droits acquis (retraite, indemnités) à ce titre
Gérant majoritaire de SARLTravailleur non salariéCotisations et protection différentes, règles spécifiques sur les dividendes
Associé salarié avec contrat de travailSalariéSuppose de vraies fonctions distinctes et un lien de subordination

Salaire ou dividendes : quelle différence ?

Les fondateurs peuvent percevoir deux grands types de revenus de leur société, qui n'obéissent pas aux mêmes règles.

Rémunération du mandat et dividendes
CritèreRémunération (mandat ou salaire)Dividendes
ConditionDécision de l’organe prévu par les statutsBénéfices distribuables et décision des associés
RégularitéPeut être mensuelle et prévisiblePonctuelle, après l’approbation des comptes
Cotisations socialesOui, avec la protection sociale correspondanteEn SAS, pas de cotisations sociales mais des prélèvements fiscaux et sociaux
Pour la sociétéCharge déductible du résultatDistribution d’un bénéfice déjà imposé
Réalisme au démarragePossible si la trésorerie le permetRare : une jeune startup fait rarement des bénéfices

Le choix entre les deux dépend de la situation personnelle, des besoins de protection sociale et de la stratégie de l'entreprise. Les règles fiscales et sociales évoluant régulièrement, faites simuler les différentes options par un expert-comptable.

Quelles aides pour vivre pendant la création ?

Plusieurs dispositifs publics peuvent aider les créateurs d'entreprise pendant la phase de lancement. Leurs conditions et montants changent régulièrement : vérifiez-les auprès des organismes concernés au moment de votre création.

  • L'ACRE, qui permet sous conditions une exonération partielle de cotisations sociales au début de l'activité.
  • Pour les demandeurs d'emploi indemnisés, le maintien partiel des allocations en complément d'une éventuelle rémunération, ou leur versement sous forme de capital, selon les règles de France Travail.
  • Des prêts d’honneur et des accompagnements proposés par des réseaux d’aide à la création et des incubateurs.
  • Des aides régionales ou de Bpifrance pour les projets innovants, selon les critères en vigueur.

Quand commencer à se verser un salaire ?

Il n'y a pas de moment universel. Beaucoup d'équipes attendent l'un de ces déclencheurs :

  • Un chiffre d’affaires récurrent qui couvre les charges de l’entreprise.
  • Une levée de fonds ou un financement qui prévoit explicitement la rémunération des fondateurs.
  • La fin des ressources personnelles d’un associé, qui menace sa capacité à rester à temps plein.
  • Un besoin de protection sociale (santé, retraite) devenu prioritaire pour un fondateur.
  1. 1Faire le point sur la trésorerie et sur les mois de fonctionnement qu’elle permet.
  2. 2Discuter ouvertement des besoins personnels de chaque associé.
  3. 3Faire simuler le coût total pour la société avec un expert-comptable.
  4. 4Décider dans les formes prévues par les statuts et le pacte.
  5. 5Revoir la décision à échéance régulière, en fonction de l’évolution du projet.
Exemple fictif : deux associés aux besoins différents

Karim et Léa lancent une SAS. Léa a une épargne confortable, Karim doit retrouver un revenu au bout de quelques mois. Plutôt que de fixer le même salaire pour tous les deux, ils conviennent d'une rémunération modeste pour Karim dès que la trésorerie le permet, et l'écrivent dans leur pacte avec une date de révision. La répartition des parts reste inchangée.

Comment évolue la rémunération après une levée de fonds ?

Après une levée, les fondateurs se versent souvent un salaire, afin de pouvoir se consacrer pleinement à l'entreprise. Les investisseurs attendent généralement une rémunération raisonnable : suffisante pour vivre sans inquiétude, mais nettement en dessous de ce que le marché offrirait, car l'essentiel de la rémunération reste la valeur des parts.

  • La rémunération des dirigeants est souvent encadrée par le pacte d’associés, parfois soumise à l’accord d’un comité où siègent des investisseurs.
  • Les fondateurs dirigeants peuvent, sous conditions, bénéficier de BSPCE comme les salariés.
  • Le niveau de salaire se rediscute au fil des levées et de la croissance de l'entreprise.

Pour cadrer ces règles dès l'association : pacte d'associés : l'essentiel. Pour protéger l'équilibre entre associés : le vesting des parts.

Questions fréquentes

Un président de SAS est-il obligé de se rémunérer ?

Non. Le président d'une SAS peut exercer son mandat sans rémunération. Dans ce cas, il ne verse pas de cotisations sociales à ce titre, mais n'acquiert pas non plus de droits sociaux liés à cette activité.

Un président de SAS a-t-il droit au chômage ?

Pas au titre de son mandat social : en tant qu'assimilé salarié, il ne cotise pas à l'assurance chômage. Les règles applicables aux créateurs déjà indemnisés ou aux dirigeants titulaires d'un contrat de travail sont spécifiques et doivent être vérifiées auprès de France Travail.

Peut-on se verser des dividendes la première année ?

Seulement si la société a réalisé des bénéfices distribuables et que les associés décident de les distribuer. C'est rare pour une jeune startup, qui réinvestit généralement ses ressources dans sa croissance.

Tous les cofondateurs doivent-ils être payés pareil ?

Pas nécessairement. Les besoins personnels et les rôles peuvent justifier des choix différents. L'important est que la décision soit discutée ouvertement, acceptée par tous et écrite.

Quel salaire pour un fondateur après une levée de fonds ?

Il n'existe pas de montant de référence universel. Le salaire se discute avec les investisseurs selon les moyens de l'entreprise et le coût de la vie ; il est en général inférieur à ce que le fondateur obtiendrait sur le marché du travail.

Qui consulter pour choisir sa rémunération de dirigeant ?

Un expert-comptable peut simuler les différentes options (rémunération, dividendes) et leurs conséquences sociales et fiscales. Un avocat peut vous aider à formaliser les règles dans les statuts et le pacte d'associés.

Glossaire

Assimilé salarié
Dirigeant (par exemple président de SAS) affilié au régime général de sécurité sociale, sans assurance chômage au titre de son mandat.
Dividendes
Part des bénéfices distribuée aux associés après décision de la société.
Mandat social
Fonction de dirigeant d'une société (président, directeur général, gérant), distincte d'un contrat de travail.
ACRE
Aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise, permettant sous conditions une exonération partielle de cotisations au début de l'activité.
BSPCE
Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, permettant à des salariés ou dirigeants éligibles d'acquérir des actions à un prix fixé à l'avance.

Trouver mes associés

Rencontrez des cofondateurs avec qui construire votre projet

À lire aussi

À propos de ce guide

Ce guide a été rédigé par l’équipe EasyCofounder, plateforme de mise en relation entre porteurs de projet, talents et startups (un service IRPEA), et mis à jour le 4 novembre 2026. Il s’appuie sur les pratiques courantes de création d’entreprise et sur les questions posées par les membres de la plateforme.

Il fournit des repères généraux et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Pour votre situation, consultez un professionnel (avocat, expert-comptable) et les informations officielles d’entreprendre.service-public.fr.